Quel carnet bullet journal choisir : points, papier et reliure
Après avoir passé bien trop de temps à adapter mes pages à des carnets qui ne me convenaient pas, j’ai compris une chose simple : le meilleur carnet bullet journal n’est pas forcément le plus décoré ni le plus épais. C’est celui dont le format, le papier et la reliure correspondent à votre façon réelle de planifier. Un carnet trop petit bride vos vues mensuelles ; un papier mal choisi transforme chaque feutre en pari risqué ; une reliure raide rend les doubles pages pénibles à utiliser.
Le déclic est venu quand j’ai cessé de chercher « le carnet parfait » et commencé à choisir selon mon usage : planification dense, listes quotidiennes, dessin, écriture au stylo-plume, journal créatif ou prise de notes nomade. Ce guide vous aide à sélectionner un carnet pour bullet journal sans vous laisser distraire par les détails secondaires.
Temps de décision : comptez 15 à 20 minutes pour définir vos besoins. Difficulté : facile, à condition de ne pas sous-estimer la reliure et le papier.
Les critères qui comptent vraiment pour un carnet bullet journal
Avant de comparer les marques ou les couvertures, je recommande de vérifier quatre points : le format, le quadrillage pointillé, le comportement du papier et l’ouverture du carnet. Ce sont eux qui déterminent si vous aurez envie de l’ouvrir chaque jour.
- Le format détermine la place disponible pour vos calendriers, trackers et listes.
- Les points guident la mise en page sans imposer de lignes visibles.
- Le grammage et la finition du papier influencent la tenue des encres, des surligneurs et des feutres.
- La reliure décide du confort d’écriture, surtout sur une double page.
Ne faites pas mon erreur : choisir d’abord une couverture, puis découvrir que le carnet refuse de rester ouvert ou que les pages transpercent dès votre premier titre coloré. Le test le plus utile reste mentalement très simple : imaginez une semaine chargée, un rendez-vous à noter rapidement et une page mensuelle à relire. Votre carnet doit rendre ces gestes fluides.
Le format : A5, B5 ou A6 selon votre manière de planifier
Le format est le choix le plus structurant. Il change non seulement la taille de vos pages, mais aussi la manière dont vous utilisez votre bullet journal au quotidien.
Le carnet pointillé A5 : le point de départ le plus polyvalent
Pour débuter, je conseille presque toujours un carnet pointillé A5. Il offre assez de place pour créer des vues mensuelles et hebdomadaires lisibles, sans devenir encombrant dans un sac. C’est le format qui équilibre le mieux la planification, les listes, les collections et quelques pages créatives.
Sur un A5, une double page permet généralement de répartir une semaine, d’ajouter des priorités et de conserver un peu d’espace pour les notes. Vous n’êtes pas obligé de miniaturiser votre écriture, ni de simplifier à l’excès vos trackers. C’est précisément pourquoi il convient si vous découvrez encore votre rythme de bujo.
Étape 1 → Choisir un A5 pointillé → Obtenir un espace assez vaste pour expérimenter sans sacrifier la portabilité
- À privilégier si : vous voulez réunir agenda, listes, projets et journal personnel dans un seul carnet.
- Particulièrement adapté : aux vues mensuelles, aux semaines sur deux pages et aux collections récurrentes.
- Erreur fréquente : croire qu’un format plus grand sera forcément plus motivant. Un carnet que vous laissez à la maison ne sert pas à capturer les tâches imprévues.
Le B5 : plus de respiration pour les grandes écritures
Si votre écriture est large, si vous dessinez beaucoup ou si vos pages prennent la forme de mindmaps, le B5 peut être plus confortable. Les carnets Kokuyo Campus existent dans cet esprit de format généreux : ils donnent de l’aisance à la page plutôt que de vous contraindre à écrire petit.
Attention toutefois : le B5 prend davantage de place et incite facilement à remplir chaque centimètre. Je le réserve à une pratique où le bullet journal reste souvent posé sur un bureau, ou quand mes projets ont besoin de schémas et de notes détaillées.

Il existe deux références de B6 à ne pas confondre : le format B6 ISO mesure 125 × 176 mm, tandis que le B6 japonais, utilisé notamment par des carnets Midori et Stalogy, mesure 128 × 182 mm. Cette différence semble modeste, mais elle compte si vous préparez des intercalaires, des pochettes ou des éléments imprimés ajustés au millimètre.
L’A6 : excellent pour capturer, moins pour construire de grandes mises en page
Le format A6 mesure exactement 105 × 148 mm. Il entre dans une enveloppe C6, dont les dimensions sont de 114 × 162 mm : cette référence donne une bonne idée de son encombrement réel. Un A6 se glisse facilement dans une petite pochette, une veste ou un sac déjà chargé.
Mon conseil est clair : utilisez l’A6 pour capturer, pas pour tenter de reproduire toutes les grandes mises en page d’un A5. Il excelle pour les tâches du jour, les idées rapides, les notes de lecture, les listes de courses, le suivi minimal et un journal quotidien concis. Le Hobonichi Techo original illustre bien l’intérêt d’un format compact lorsqu’on veut écrire souvent sans transporter un gros carnet.
En revanche, vouloir faire tenir un mois complet, des trackers complexes et une semaine très détaillée sur ces petites pages devient vite frustrant. J’ai perdu du temps à fabriquer des grilles minuscules dans des A6 ; le résultat était visuellement joli, mais peu agréable à utiliser. Si vous aimez les pages aérées, gardez l’A6 comme carnet complémentaire ou comme outil de capture nomade.
Étape 2 → Réserver l’A6 aux informations essentielles → Gagner un carnet mobile sans surcharger les pages
Si vous créez des éléments imprimés pour un A6, prévoyez 3 mm de fond perdu sur chacun des quatre bords : le document composé atteint alors 111 × 154 mm. C’est un détail technique qui évite les marges blanches involontaires lorsque votre mise en page arrive jusqu’au bord.
Pourquoi le carnet pointillé reste le meilleur choix
Pour un bullet journal, le carnet pointillé reste le support le plus souple. Les points servent de repères discrets : ils facilitent les colonnes, les cadres, les calendriers, les graphiques et l’alignement des titres, tout en disparaissant suffisamment pour laisser respirer une page écrite ou illustrée.

Les lignes imposent un rythme d’écriture, ce qui peut être agréable pour un journal long, mais elles limitent les mises en page. Les carreaux sont efficaces pour les tableaux et les suivis chiffrés, mais ils peuvent visuellement alourdir un carnet créatif. Les pages blanches donnent une liberté totale, mais demandent plus de temps pour tracer droit. Le pointillé offre le meilleur compromis.
Étape 3 → Choisir des points discrets et réguliers → Construire des pages nettes sans transformer le carnet en cahier quadrillé
- Vérifiez la visibilité : les points doivent guider votre main sans dominer vos pages.
- Observez la régularité : des points bien alignés facilitent les doubles pages symétriques.
- Pensez à votre style : des points trop foncés peuvent gêner si vous écrivez petit ou utilisez beaucoup de couleurs claires.
- Gardez la simplicité : un bon carnet pointillé n’a pas besoin d’imposer des pages préremplies si vous voulez un système réellement adaptable.
Grammage, texture et encres : le papier doit servir vos outils
Le grammage compte, mais il ne raconte pas toute l’histoire. Deux papiers de grammage comparable peuvent réagir très différemment selon leur texture, leur traitement de surface et l’encre utilisée. Ce que vous cherchez n’est pas uniquement une page épaisse : vous cherchez un papier qui garde vos traits lisibles, limite le plumeau et supporte votre manière d’écrire.
Si vous utilisez surtout un stylo bille ou un fineliner classique, vous pouvez privilégier le confort d’écriture et l’ouverture du carnet. Si vous écrivez au stylo-plume, utilisez des encres ombrées ou multichromatiques, ou réalisez des titres au feutre, le comportement du papier devient un critère principal.
Les papiers japonais pour l’écriture et la couleur
Le papier Midori MD est un choix pertinent si vous cherchez une écriture douce sur un papier crème, agréable avec le stylo-plume et résistant au plumeau. Son rendu sobre convient particulièrement à un bujo orienté écriture, journal quotidien, listes et notes de réflexion.
Le Tomoe River est apprécié pour le comportement des encres : les couleurs, les nuances et les ombrages s’y expriment avec finesse. Il demande cependant de la patience, car le séchage peut être plus long. C’est un papier formidable pour savourer l’encre, moins idéal si vous devez tourner les pages immédiatement après avoir écrit.
Le papier Graphilo se distingue lui aussi avec les stylos-plume : lignes nettes, très peu de plumeau ou de traversée, bonne restitution des couleurs et des nuances, y compris avec des encres à ombrage ou multichromatiques. Il conserve une belle durabilité tout en rappelant certains effets recherchés sur le Tomoe River. Son principal compromis reste un temps de séchage à anticiper.
Conseil gagné après quelques pages tachées : si votre papier sèche lentement, gardez une feuille buvard ou une page intercalaire sous la main. Cela protège la page opposée et évite de refermer trop vite votre carnet après une note importante.
Étape 4 → Faire correspondre le papier à vos encres → Éviter les bavures, le plumeau et les pages marquées au verso

- Pour des listes rapides : privilégiez une surface qui sèche vite et ne fatigue pas la main.
- Pour le stylo-plume : recherchez un papier lisse qui garde les contours nets.
- Pour les couleurs et les nuances : choisissez un papier qui valorise l’ombrage sans trop traverser.
- Pour les brush pens : testez toujours vos gestes sur une page peu importante ; une pointe qui s’use vite donne des pleins et déliés moins contrôlables, surtout dans les courbes et les transitions de lettrage.
La reliure : le détail qui décide si vous utiliserez les doubles pages
La reliure est souvent le critère oublié, alors qu’elle transforme complètement l’expérience. Un bullet journal contient beaucoup de doubles pages : vues mensuelles, semaines, projets, trackers ou listes comparatives. Si le carnet se referme sans cesse, vous allez écrire en compensant avec votre main, perdre de la place près de la gouttière et éviter certaines mises en page.
Recherchez une reliure qui s’ouvre le plus à plat possible. Cela ne veut pas dire qu’il faut forcer le dos du carnet dès le premier jour : ouvrez-le progressivement, page après page, afin de respecter sa construction. Une bonne ouverture vous permet de tracer sur toute la largeur et de relire une double page d’un seul regard.
Étape 5 → Vérifier l’ouverture à plat → Utiliser pleinement les doubles pages sans lutter contre le dos du carnet
- Reliure cousue : pertinente si vous voulez conserver longtemps votre carnet et travailler sur des doubles pages.
- Reliure souple : agréable pour un carnet nomade, à condition que les pages restent accessibles près du centre.
- Reliure plus rigide : protectrice dans un sac, mais à surveiller si elle limite l’ouverture.
- Piège courant : confondre couverture solide et carnet confortable. Une couverture robuste ne compense pas une gouttière difficile à écrire.
Leuchtturm et Scribbles face aux carnets japonais : comment choisir
Leuchtturm et Scribbles sont des repères familiers lorsque l’on cherche un carnet bullet journal structuré dans une approche occidentale. Hobonichi, Kokuyo Campus et Midori MD représentent quant à eux des usages japonais souvent plus centrés sur la qualité d’écriture, les formats précis et la relation quotidienne au papier.
Plutôt que d’opposer ces familles de carnets, je les utilise comme une grille de décision. Le bon choix dépend de ce que vous attendez prioritairement de votre carnet.
- Vous voulez un premier bujo polyvalent : un carnet pointillé A5 reste le choix le plus rassurant, quel que soit le style de couverture retenu.
- Vous aimez les systèmes très compacts et l’écriture quotidienne : un format A6 dans l’esprit d’un Hobonichi convient mieux à la capture et au journal bref.
- Vous avez besoin d’espace pour les cours, projets ou schémas : un Kokuyo Campus en B5 apporte une page plus généreuse.
- Vous privilégiez le plaisir d’écrire au stylo-plume : le papier Midori MD mérite une attention particulière.
- Vous recherchez des couleurs d’encre riches et des nuances visibles : tournez-vous vers un papier qui met en valeur l’ombrage, comme Tomoe River ou Graphilo, en acceptant un séchage moins immédiat.
Le plus important est de ne pas laisser les pages préconçues décider de votre système. Votre bullet journal doit pouvoir évoluer : une semaine minimaliste pendant une période chargée, une page de projet lorsque nécessaire, une collection de lectures ou un suivi d’habitudes quand cela vous aide réellement.
Les erreurs les plus fréquentes au moment de choisir
J’aurais aimé connaître ces erreurs avant d’accumuler des carnets commencés puis abandonnés. Elles ne sont pas graves, mais les éviter vous fera gagner du temps et préservera votre envie de planifier.
- Choisir un A6 pour des mises en page ambitieuses : gardez-le pour les notes essentielles et les usages nomades.
- Prendre un B5 alors que vous écrivez surtout en déplacement : plus de place n’aide pas si le carnet reste sur un bureau.
- Se fier uniquement au grammage : la texture et le temps de séchage comptent autant pour les encres.
- Négliger la reliure : une double page difficile à garder ouverte finit par limiter votre usage.
- Choisir des points trop visibles : ils peuvent parasiter vos dessins, vos titres et votre écriture fine.
- Vouloir copier une mise en page complexe : commencez par une semaine simple ; votre système doit alléger votre charge mentale, pas la compliquer.
TL;DR : le carnet à choisir selon votre usage
- Pour commencer : choisissez un carnet pointillé A5, suffisamment grand pour les vues mensuelles et hebdomadaires, assez compact pour suivre votre quotidien.
- Pour dessiner, écrire grand ou faire des mindmaps : envisagez le B5, notamment dans l’esprit des carnets Kokuyo Campus.
- Pour noter partout : l’A6 est idéal pour capturer les tâches et les idées, mais moins adapté aux grands layouts de bullet journal.
- Pour écrire au stylo-plume : privilégiez un papier lisse et fiable, comme Midori MD, ou un papier qui sublime les encres comme Tomoe River et Graphilo.
- Pour des doubles pages confortables : vérifiez toujours l’ouverture à plat et ne négligez jamais la reliure.
- Pour garder de la liberté : le carnet pointillé reste le support le plus flexible pour adapter votre bujo à votre vie.
Le bon carnet pour bullet journal vous donne envie d’écrire avant même d’avoir préparé la moindre page décorée. Commencez simple, choisissez un format compatible avec vos déplacements, et laissez votre système prendre forme au fil des semaines. Un carnet utilisé imparfaitement sera toujours plus utile qu’un carnet parfait laissé intact.
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